Pour libérer son époux, Mme Lobognon interpelle le Président Macron

Amira Lobognon à Macron : « L’indifférence est la complicité »

Alain Lobognon et son épouse Amira
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 29 février 2020 à 18:11 | mis à jour le 29 février 2020 à 18:59

Le Député Alain Lobognon est incarcéré, à Grand-Bassam, il y a un peu plus de deux mois. Son épouse Amira Lobognon ne cesse de remuer ciel et terre pour obtenir la libération de son homme. En témoigne la missive qu'elle a adressée à Emmanuel Macron, le Président français.

Amira Lobognon à Macron : « L’indifférence est la complicité »

23 décembre 2019, l'Honorable Alain Lobognon, ainsi que 15 autres cadres de Générations et peuples solidaires (GPS), sont interpellés dans la foulée de l'atterrissage manqué de Guillaume Soro en Côte d'Ivoire.

Et depuis, ces proches de l'ancien Président de l'Assemblée nationale ivoirienne croupissent en prison. Ces Soroïstes ont d'ailleurs comparu devant le Doyen des Juges d'Instruction, le 25 février dernier, pour leur premier interrogatoire. Mais ils sont pour la plus part apparus amaigris et le visage quelque peu émaillé.

Amira Lobognon, épouse de l'ancien ministre des Sports, livre, dans un post sur sa page Facebook, publié ce samedi, les conditions dans lesquelles son époux et ses codétenus se sont retrouvés au palais de justice.

« Pouvez-vous accepter qu’on puisse réveiller des détenus à 1h, 2h voire 3h du matin pour une audition au tribunal à 10h ? Et ils y resteront jusqu’à 1h du matin le lendemain pour enfin encore faire une halte à la MACA d’Abidjan avant d’être ramenés à leur prison à l’intérieur ? », s'est-elle indignée.

Dame Lobognon indique par ailleurs que ce récit n'est qu'une infirme partie des nombreux traitements inhumains infligés à son époux et ses camarades du GPS. « Aucun être humain ne mérite cela, fût-il un prisonnier ! » a-t-elle martelé.

Elle appelle pour ce faire Emmanuel Macron à la rescousse afin de faire « pression », selon le terme qu'il a lui-même utilisé dans le cas du Président camerounais Paul Biya, pour obtenir la libération de tous ces détenus.

Dans une lettre ouverte au Président français, elle lui rappelle son discours du 23 janvier 2020, à l'occasion de la commémoration de la libération des camps de concentration. « L’indifférence est la complicité », lui a-t-elle rafraîchi la mémoire, avant de l'appeler à « mettre fin aux souffrances de ces détenus politiques à qui l’on veut nier toute citoyenneté et toute humanité ».


Puis, elle enfonce le clou avec cette citation d’Elie Wiesel après les drames de 1945 : « La neutralité aide l'oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté. »

Notons qu'Alain Lobognon et ses compagnons de GPS ont été arrêtés le 23 décembre 2019, alors qu'ils animaient une conférence de presse au siège de leur parti, GPS, à la Riviera Golf. Ils sont poursuivis pour « Troubles à l'ordre public et divulgation de fausses nouvelles. »