Abidjan: Grosse pression sur Ouattara après la libération de Gbagbo

Grosse pression sur Ouattara après la libration de Gbagbo
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 30 mai 2020 à 14:24 | mis à jour le 30 mai 2020 à 14:24

L’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, et son filleul Charles Blé Goudé sont libres …enfin presque. La levée surprise de la quasi-totalité des restrictions assorties à leur libération, a contribué à changer la donne sur l’échiquier politique national.

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Cette levée surprise par la Chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI), des conditions assorties à la libération de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et de son filleul Charles Blé Goudé, est une avancée dans le cadre de ce procès qui dure depuis quelques années.

Les deux ivoiriens sont désormais libres de tous leurs mouvements, libres aussi de regagner la Côte d’Ivoire à condition d’en informer le greffe de la CPI et de recevoir l’approbation du régime d’Abidjan.

L’opposition politique, notamment le FPI qui semblait gagné par le désespoir après près d’une dizaine d'années d'incertitudes, a repris du poil de la bête. Du coup, la pression semble avoir changé de camp.

Le régime RHDP devrait désormais faire avec une pression supplémentaire. Celle d’un retour probable à Abidjan des deux anciens détenus de La Haye.

Pourrait-il s'opposer au retour de ces deux figures emblématiques de l’opposition politique nationale? La réponse est négative, selon l’analyste politique ivoirien, Sylvain N’Guessan.

«L’article 12 de la Constitution stipule qu’aucun ivoirien ne devrait être contraint à l’exil. Alors si les deux ivoiriens demandent à regagner Abidjan, le président Ouattara gagnerait à opter pour un compromis politique », a-t-il prévenu, vendredi sur RT France.

Pour lui, le régime gagnerait à opter pour un compromis politique de sorte à éviter que la rue ne reprenne du service, dans un contexte socio-politique que l’on sait déjà tendu à moins de 5 mois de la prochaine élection présidentielle.

«Le président Ouattara a été candidat à l’élection présidentielle de 2010 après un compromis politique sous la houlette du président sud-africain d’alors, Thabo M’Beki. Il serait peut-être temps pour lui, de faire le retour de l’ascenseur pour qu’un compromis politique puisse l’emporter sur le recours systématique au droit », propose M. N'Guessan.


L’opposition représentée par le PDCI-RDA, le FPI, l'URD ou encore par la galaxie soroiste, n’a évidemment pas hésité à donner de la voix.

Pour elle, le président de la République, Alassane Ouattara, devrait pouvoir saisir cette perche que lui offre l’assouplissement des conditions de la libération de Gbagbo et Blé Goudé, pour créer les conditions d’un «vrai dialogue républicain» en vue de la paix et du renforcement de la cohésion nationale.

Et ce, surtout que le pouvoir en place est constamment accusé par l’opposition de tenter de fausser le jeu politique. L’arrestation et la condamnation de certains opposants, la mauvaise conduite du processus électoral et la composition de la Commission électorale indépendante (CEI), sont fortement décriées à moins de 5 mois de la prochaine élection présidentielle.