CPI : Les conseils de Paul Kagamé au successeur de Fatou Bensouda
Il reste encore une année pleine avant la fin du mandat de Fatou Bensouda en tant que patronne du bureau du procureur. Dans une interview exclusive accordée à Jeune Afrique et parue dans le numéro 3090, Paul Kagamé prodigue d’ores et déjà ses conseils avisés au successeur de la procureure de la CPI.
Paul Kagamé à la CPI : « Traiter tous les justiciables sur une base égalitaire »
La Cour pénale internationale (CPI) a publié, mi-juin dernier, une short-list des candidats à la succession de Fatou Bensouda. Ayant elle-même succédé à l’Argentin Luis Moreno-Ocampo en juin 2012, la procureure gambienne a conduit de nombreux dossiers, dont ceux du Congolais Jean-Pierre Bemba et de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et le ministre de la Jeunesse de son dernier gouvernement Charles Blé Goudé.
La conduite de ces différents dossiers a suscité de nombreuses critiques à l’encontre de cette juridiction de La Haye, perçue par une certaine opinion comme « un instrument aux mains des Occidentaux pour soumettre des dirigeants africains indociles ». Bensouda n’a donc pu accomplir cette mission consistant à « réconcilier la Cour et le continent africain », d’autant plus que le Burundi et l’Afrique du Sud se sont retirés du Statut de Rome, acte fondateur de cette Cour.
Paul Kagamé, président rwandais, dont certains compatriotes ont été jugés ou continuent de l’être devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) dans des affaires liées au génocide rwandais, s’est cependant prononcé sur cette succession de la Gambienne.
Le dirigeant du pays des Mille Colines a donc déclaré à JA : « Ce n’est pas un problème de personne, mais une affaire de réforme structurelle. La CPI a été fondée sur la base d’un consensus et d’un engagement : celui de traiter tous les justiciables sur une base égalitaire. »
Le Président Kagamé déplore cependant : « En pratique, elle fonctionne comme si elle avait été créée par les puissants contre les faibles, au point d’en être réduite à une cour où l’on ne juge que des Africains ou presque. C’est ce qu’il faut changer en rétablissant les principes fondamentaux. »
Notons que le successeur de Fatou Bensouda prendra effectivement fonction, le 15 juin 2021.
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