Côte d'Ivoire : 2020, Blé Goudé s'adresse à Ouattara... sportivement

Par Dreyfus polichinelle
Publié le 12 février 2018 à 17:20 | mis à jour le 12 février 2018 à 17:20

Depuis sa cellule de La Haye, Charles Blé Goudé a à nouveau dépeint le paysage politique ivoirien en l'assimilant à un championnat de football. Dans son récit, l'ex-leader de la galaxie patriotique a fustigé l'attitude d'un joueur, vraisemblablement le président Alassane Ouattara, qui a éliminé des adversaires pour remporter le championnat.

Le message de Charles Blé Goudé à ses adversaires

À l'approche de la présidentielle de 2020, Charles Blé Goudé a décidé de s'adresser à la classe politique ivoirienne à travers un message fort imagé. À en croire le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP, opposition), le jeu politique en Côte d'Ivoire est semblable à un championnat de football dans lequel l'une des équipes est superpuissante à cause des basses manoeuvres de son chef et des règles de jeu établies en son exclusive faveur pour éliminer ses adversaires.

Annoncé candidat à la prochaine présidentielle par Hyacinthe Nogbou, le codétenu de Laurent Gbagbo appelle les autorités à créer les conditions d'une élection juste et équitable afin de voir le véritable poids politique des acteurs politiques sur l'échiquier politique ivoirien.

L'intégralité du message de Blé Goudé

« Toi seul tu te promènes dans le village, et puis tu es content, tu racontes partout que tu es un grand joueur et tu te vantes d’avoir gagné contre le PSG (Paris Saint-Germain) 10-0 ; alors que toi même tu sais que Neymar, Cavani et Mbappé n’étaient pas sur le terrain. Il n’y avait même pas de gardien dans les buts, mais tu es content quand même d’avoir gagné 10-0.

Chef, c’est bientôt le mercato et toutes les équipes qui t’avaient aidé à gagner menacent de te retirer leurs joueurs qu’elles t’avaient prêtés. Fâché, tu veux suspendre les subventions des équipes et radier les joueurs de l’équipe villageoise que vous aviez ensemble formés. Pourtant tu avais promis à tous les présidents de club que tu ne participerais pas au prochain championnat. Chef, c’est sur cette base qu’ils t’avaient soutenu.

Tellement tu voulais gagner, avant le match, c’est toi-même qui as défini les règles du jeu. Tu as choisi l’arbitre central et les juges de touche. Tes partenaires de la fédération internationale de football ont attaché le capitaine de l’équipe adverse pour te le livrer. Tu l’as emmené loin du village, parce ce que lui, on ne sait jamais à quel moment il peut marquer un but.

Le capitaine de l’équipe espoir sur qui le reste pouvait compter, tu l’as emmené très loin du terrain. Tu trouves qu’il est trop rapide et qu’il a une capacité de réorganisation qui peut remettre l’équipe en confiance. Les autres joueurs qui sont restés au village, tu as arraché leurs équipements et tu les as bloqués dans les vestiaires. La femme de l’équipe adverse, elle qui devait faire à manger pour donner aux supporteurs, tu l’as enfermée.


Chef, tout le monde te demande d’ouvrir le championnat avec chaque équipe au complet. Les présidents des autres clubs te demandent de changer la commission villageoise trop partisane. Tout le monde veut des commissaires aux matchs indépendants. Comme ça, on pourra réellement mesurer la valeur de chaque équipe. Chef, voilà, c’est comme ça que le championnat sera intéressant. »

Charles Blé Goudé, homme politique

En détention préventive à La Haye.