Burkina/France : François Compaoré refuse d'être extradé vers le Faso

François Compaoré refuse d'être extradé à Ouagadougou
Par David Yavo
Publié le 29 mars 2018 à 14:08 | mis à jour le 29 mars 2018 à 14:09

Placé sous contrôle judiciaire en France, François Compaoré était à la barre du tribunal de grandes instances de paris, ce mercredi 28 mars. Mais lors de son audition, le frère cadet de l'ex-président burkinabè a refusé d'être remis aux autorités de son pays. La justice française se prononcera donc sur l'éventualité de son extradition lors de l'audience du 13 juin prochain.

François Compaoré refuse d'être extradé à Ouagadougou

Poursuivi pour son rôle présumé dans l'assassinat de Norbert Zongo, un journaliste d'investigations tué en 1998, François Compaoré a été arrêté le 29 octobre dernier à l’aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle, alors qu’il revenait d’Abidjan. Son arrestation fait suite à un mandat d’arrêt international lancé par l’État burkinabè contre les frères Compaoré.

Initialement prévue pour le mercredi 7 mars 2018, l’audience sur la demande d’extradition de François Compaoré, frère cadet de l’ancien président du Faso, Blaise Compaoré, avait été reportée à ce mercredi 28 mars 2018. Mais, une fois de plus, après des échanges houleux, le procès a été renvoyé au 13 juin prochain.

Cependant, celui qu’on appelle "Petit Président" au pays des hommes intègres s’oppose à toute extradition. « Je refuse d’être remis aux autorités burkinabè », a-t-il déclaré dans une salle d'audience surchauffée.

Ses avocats demandent une annulation de cette procédure judiciaire, car selon eux, l’État burkinabè n’a pas fourni de preuves quant aux accusations portées contre leur client. "Si vous n'avez pas ces documents, au bout de dix mois, c'est que ces documents n'existent pas », a martelé Me Pierre-Olivier.


Notons que François Compaoré risque la peine de mort au cas où il est extradé vers le pays des hommes intègres. En dépit des assurances fournies par le Burkina Faso de ne pas lui infliger cette sanction au cas où il est reconnu coupable, la défense s'oppose à toute extradition. Lors de son passage à Ouagadougou fin octobre 2017, le président Emmanuel Macron avait promis à son homologue burkinabè Rock Kaboré, de s'intéresser de près à ce dossier.