Les soldats de première classe Samuel Coulibaly et Hamado Zongo, coaccusés dans le procès du putsch manqué de septembre 2015 au Burkina, ont reconnu lundi avoir été de l’expédition à Zorgho, mais disent ignorer ce qui s’y est passé.
Samuel Coulibaly et Hamado Zongo ont reconnu l’expédition de Zorgho dans le procès putsch
Interrogés chacun à la barre sur leurs actions lors des événements du coup d’Etat manqué, Coulibaly et Zongo ont reconnu avoir été le 18 septembre de l’expédition à Zorgho (petite ville à une centaine de km de Ouagadougou), étant dans le même véhicule que le sergent-chef Ali Sanou (chef de mission) et le soldat de première classe Boureima Zouré.
Samuel Coulibaly (qui a conduit le véhicule) et Hamado Zongo, ont soutenu qu’ils ignoraient le contenu de la mission, ne faisant que suivre l’ordre de Sanou d’embarquer avec lui.
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En cours de route, ils affirment que leur véhicule (qui faisait route avec une seconde équipe de militaires dirigée par le sergent-chef Mohamed Zerbo) a été rejoint par la Mercedes d’une jeune dame.
Arrivés à un certain lieu indiqué par cette dernière, les véhicules se sont arrêtés. Coulibaly et Zongo ont expliqué être restés à bord avec Zouré, quand Sanou et la jeune dame ont pénétré dans le local. L’équipe de Zerbo a quant à elle stationné un peu en retrait.
Les coaccusés disent ignorer ce qui se passait à l’intérieur le local jusqu’à ce qu’une vingtaine de minutes plus tard, Sanou et la jeune dame soit de retour et que tous rentrent à Ouagadougou.
Le 18 septembre, la radio privée Laafi, qui fait partie des radios qui diffusaient un appel à la résistance populaire contre le putsch, a été saccagée et incendiée par des éléments l’ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP, corps dont faisait partie les coaccusés et dont sont issues la plupart des acteurs du putsch manqué).
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84 personnes (dont neuf en fuite) sont poursuivies pour « attentat à la sûreté de l’Etat », lors du putsch avorté de septembre 2015. Parmi les accusés figurent le général Gilbert Diendéré, chef de l’ex-RSP (garde rapprochée de l’ancien président Blaise Compaoré chassé du pouvoir en octobre 2014) et le général Djibril Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré.
La résistance populaire à la tentative de coup d’Etat a officiellement fait 14 morts et une quarantaine de blessés.
