BF/Procès putsch: Deux soldats reconnaissent les faits

Procès Putsch
Par Yacouba Bamba
Publié le 25 juillet 2018 à 14:09 | mis à jour le 25 juillet 2018 à 14:09

Les soldats de première classe Samuel Coulibaly et Hamado Zongo, coaccusés dans le procès du putsch manqué de septembre 2015 au Burkina, ont reconnu lundi avoir été de l’expédition à Zorgho, mais disent ignorer ce qui s’y est passé.

Samuel Coulibaly et Hamado Zongo ont reconnu l'expédition de Zorgho dans le procès putsch

Interrogés chacun à la barre sur leurs actions lors des événements du coup d’Etat manqué, Coulibaly et Zongo ont reconnu avoir été le 18 septembre de l’expédition à Zorgho (petite ville à une centaine de km de Ouagadougou), étant dans le même véhicule que le sergent-chef Ali Sanou (chef de mission) et le soldat de première classe Boureima Zouré.

Samuel Coulibaly (qui a conduit le véhicule) et Hamado Zongo, ont soutenu qu’ils ignoraient le contenu de la mission, ne faisant que suivre l’ordre de Sanou d’embarquer avec lui.

En cours de route, ils affirment que leur véhicule (qui faisait route avec une seconde équipe de militaires dirigée par le sergent-chef Mohamed Zerbo) a été rejoint par la Mercedes d’une jeune dame.

Arrivés à un certain lieu indiqué par cette dernière, les véhicules se sont arrêtés. Coulibaly et Zongo ont expliqué être restés à bord avec Zouré, quand Sanou et la jeune dame ont pénétré dans le local. L’équipe de Zerbo a quant à elle stationné un peu en retrait.

Les coaccusés disent ignorer ce qui se passait à l’intérieur le local jusqu’à ce qu’une vingtaine de minutes plus tard, Sanou et la jeune dame soit de retour et que tous rentrent à Ouagadougou.

Le 18 septembre, la radio privée Laafi, qui fait partie des radios qui diffusaient un appel à la résistance populaire contre le putsch, a été saccagée et incendiée par des éléments l’ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP, corps dont faisait partie les coaccusés et dont sont issues la plupart des acteurs du putsch manqué).


84 personnes (dont neuf en fuite) sont poursuivies pour "attentat à la sûreté de l’Etat", lors du putsch avorté de septembre 2015. Parmi les accusés figurent le général Gilbert Diendéré, chef de l’ex-RSP (garde rapprochée de l'ancien président Blaise Compaoré chassé du pouvoir en octobre 2014) et le général Djibril Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré.

La résistance populaire à la tentative de coup d’Etat a officiellement fait 14 morts et une quarantaine de blessés.