Côte d'Ivoire : Guillaume Soro échappe à un lynchage à l'Assemblée nationale (proche)

Guillaume Soro, le jour de sa démission de la Présidence de l'Assemblée nationale
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 11 février 2019 à 11:34 | mis à jour le 11 février 2019 à 11:34

Que serait-il advenu de Guillaume Soro s'il n'avait pas rendu sa démission de son poste de président de l'Assemblée nationale, le vendredi dernier ? Un Député qui lui est proche indique que le dispositif était en place pour que le désormais ancien chef du Parlement passe un mauvais quart d'heure.

Guillaume Soro évite de justesse un affrontement au parlement

Vendredi 8 février 2019, jour de la session extraordinaire qui a vu la démission du Président de l'Assemblée nationale, la commune du Plateau était bouclée par un impressionnant dispositif militaire. Guillaume Soro, du haut du perchoir, a donc annoncé sa démission pour, dit-il, éviter une crise institutionnelle pouvant mettre à mal la paix en Côte d'Ivoire, d'autant plus qu'il a refusé d'adhérer au RHDP unifié, la nouvelle formation politique dirigée par le Président Alassane Ouattara.

Mais que serait le revers de la médaille si Soro avait voulu engager le bras de fer et faire fi de la sommation que lui avait été lancée les Députés Adama Bictogo et Charles Gnahoré, et prenant également à contre-pied l'annonce de sa démission courant février faite par le Président Ouattara lui-même ?

Un tel scénario aurait créé une véritable chienlit dans l'Hémicycle. Sous couvert d'anonymat, un Parlementaire, proche du président démissionnaire ayant participé à cette session à haut risque, révèle : « Les gens étaient prêts à faire palabres. Si on rentrait dans la logique de la confrontation, ça allait être terrible. Tout le périmètre de l’Assemblée nationale était bouclé par des cargos. Ils ont même sorti des chars, et les forces de l’ordre ont été préparées. Nos camarades étaient dans une logique d’affrontement. Des députés ont été préparés pour engager les hostilités… »

Mais la guerre de Troie n'a finalement pas eu lieu, car, poursuit le Député, Tieni Gbanani, l'autre surnom de Soro Guillaume, « a retourné la situation en sa faveur. Il a déjoué tous les plans conçus pour l’éliminer ».

Notons que si une telle situation s'était effectivement produite à l'Assemblée nationale ivoirienne, ce serait non seulement un fâcheux incident qui resterait à jamais gravé dans la mémoire collective compte tenu de son exclusivité, mais aussi un net recul de la démocratie en Côte d'Ivoire.

Mais tout est bien qui finit bien, dira-t-on, car Guillaume Soro a démissionné de la Présidence de l'Assemblée nationale, et la foudre ne s'est pas abattue sur cette terre d'Ivoire qui reste encore hantée par une crise militaro-politique dont la population ivoirienne, dans son ensemble, porte encore les stigmates.



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