Côte d’Ivoire : un gisement d’or du siècle découvert

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Information discrète, mais information de haute importance. Un gisement d’or du siècle découvert dans le nord-est de la Côte d’Ivoire, près de Doropo. Ce gisement aurifère est d’une envergure exceptionnelle, selon les experts du secteur. Les premiers éléments de l’estimation parlent d’un gisement de potentiel supérieur à 100 tonnes d’or qui, une fois confirmé, fera de Doropo le gisement du siècle en Afrique de l’Ouest.

Côte d’Ivoire : le gisement d’or géant découvert à Doropo change tout

La Côte d’Ivoire a accentué sa stratégie minière ces dix dernières années avec des réformes qui portent leurs fruits. Le gisement d’or géant découvert à Doropo est déjà un tournant pour l’économie du pays. Il va très fortement influer sur la carte minière ivoirienne dans les années à venir.

Pour trouver Doropo, il faut remonter au nord du pays, dans la région du Bounkani, près de la frontière avec le Burkina Faso. Cette localité attire l’attention d’acteurs importants du secteur minier international. La raison : les volumes avancés, jusqu’à 3,2 millions d’onces troy que les dernières études devront confirmer, donnent déjà le tournis. Mais ces données disponibles pour ce site suffisent déjà à susciter un très grand intérêt du secteur.

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Les travaux qui ont débouché sur cette découverte reposent sur des méthodes modernes et sophistiquées. Ce sont des données aéroportées, des imageries satellitaires, des forages très bien ciblés. La somme de toutes ces avancées technologiques a permis d’identifier des structures géologiques très favorables à une forte concentration aurifère. Ces zones, considérées comme secondaires ou même marginales, se sont avérées être de véritables refuges d’or.

Doropo : les 100 tonnes d’or qui vont transformer l’économie ivoirienne

Derrière la découverte de ce gros gisement : Resolute Mining. Le groupe australien voit les choses en grand, avec un calendrier déjà esquissé. Les travaux de construction des infrastructures pour exploiter cette mine pourraient débuter dès les prochaines semaines. Ainsi, l’entrée en production commerciale de la mine pourrait se faire autour de début 2028.

Rien que le montant de l’investissement, 300 milliards de francs CFA, donne une idée de l’ampleur du projet. À pleine capacité, cette mine d’or pourrait produire plus de 200 000 onces par an. Et cette production massive pourrait durer une vingtaine d’années.

Le potentiel du gisement de Doropo ne relève pas du tout du hasard. Les caractéristiques de ce site, situé dans la ceinture de roches vertes d’Afrique de l’Ouest, interpellaient déjà les spécialistes par son potentiel. Des géologues sont persuadés de longue date qu’il abrite l’un des plus vastes gisements aurifères du continent. Les campagnes récentes n’ont fait que mettre en évidence un réseau dense de failles et de fractures, donc de zones fortement minéralisées.

Cette caractéristique de la zone explique l’intérêt montant pour le nord-est ivoirien. Longtemps considéré comme la partie la plus pauvre de la Côte d’Ivoire, ce territoire se transforme peu à peu en élément central du nouveau poumon économique du pays.

Puissante grâce à son or, la Côte d’Ivoire se transforme

En moins de dix ans, la production aurifère en Côte d’Ivoire s’est avérée en constante progression. Elle est passée de 24 tonnes en 2015 à plus de 50 tonnes en 2023, plus du double. Les autorités ivoiriennes estiment le potentiel géologique du pays à près de 600 tonnes d’or.

Doropo viendrait rabattre les cartes pour ainsi renforcer d’autres pôles majeurs comme Koné ou Tanda. L’objectif du gouvernement ivoirien est clair : faire de la Côte d’Ivoire l’un des plus grands producteurs d’or d’Afrique.

Des retombées économiques très attendues

Les projections sont ambitieuses sur le plan économique. Le projet pourrait générer pas moins de 3 000 emplois directs et jusqu’à 10 000 emplois indirects. Pour la région du Bounkani, souvent en marge des grands flux d’investissement, l’impact sera bien réel.

Ce sont des milliards de FCFA que devrait encaisser le gouvernement ivoirien en recettes fiscales. Cette découverte offrira donc une nouvelle marge budgétaire à la Côte d’Ivoire. Mais attention à la juste redistribution de cette richesse et à la mise en place de politiques de développement local durables.

Un contexte sécuritaire à surveiller

La situation géographique de Doropo impose néanmoins une vigilance particulière. À moins de dix kilomètres du Burkina Faso, la zone reste exposée à des tensions sécuritaires persistantes. Les autorités misent sur une exploitation industrielle encadrée pour renforcer la présence de l’État et limiter l’implantation de réseaux liés à l’orpaillage illégal.

Sur le terrain, les responsables locaux rappellent que l’adhésion des populations sera décisive. Accès à l’emploi, gestion du foncier, dialogue avec les communautés : autant de facteurs qui conditionneront la stabilité du projet.

Pressions environnementales et attentes locales

Comme tout projet minier de grande ampleur, Doropo soulève aussi des inquiétudes environnementales. L’exploitation à ciel ouvert implique des routes, des zones de stockage et des installations de traitement qui entrent en concurrence avec les terres agricoles et pastorales.

Les riverains réclament des mécanismes de contrôle clairs et réactifs, capables d’intervenir rapidement en cas de pollution des cours d’eau ou de conflits d’usage. La question de l’eau, en particulier, revient souvent dans les discussions locales.

Orpaillage artisanal : une transition délicate

Avant l’arrivée des industriels, l’orpaillage artisanal constituait un revenu d’appoint pour de nombreuses familles. L’extension des concessions minières modifie profondément cet équilibre. Des restrictions, voire des expulsions, ont déjà été signalées dans certaines zones.

L’intégration d’activités artisanales encadrées, souvent évoquée dans les discours officiels, pèsera lourd dans la perception du projet par les populations concernées.

Un potentiel encore loin d’être épuisé

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À ce stade, les campagnes de forage n’ont couvert qu’une partie du permis minier. Les réserves sont déjà estimées à plus de 4 millions d’onces, mais les équipes poursuivent l’identification de nouvelles cibles géologiques. Doropo pourrait donc n’être qu’un début.

Les choix opérés autour de ce projet orienteront durablement la politique minière ivoirienne. Entre attractivité économique, exigences sociales et impératifs environnementaux, la Côte d’Ivoire joue une partie stratégique, dont Doropo pourrait devenir l’un des symboles majeurs.


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