Crise éducation: Des enseignants grévistes conseillent à l'Etat ivoirien les voies à suivre

enseignants grévistes

Des enseignants grévistes de Côte d'Ivoire ont conseillé à l'Etat ivoirien mardi à Abidjan les voies à suivre pour sortir de la crise qui frappe le système éducatif depuis plus de deux mois, au cours d’une conférence débat sur l’école ivoirienne.

Les enseignants grévistes proposent des pistes de solution

"Il y a des questions essentielles pour lesquelles le gouvernement devrait apporter des réponses concrètes, à savoir les indemnités de logement et les cours de mercredi", a déclaré le porte-parole de l'Intersyndicale de l'enseignement préscolaire et primaire de Côte d'Ivoire (ISEPPCI), David Bli Blé.

M. Bli Blé a soutenu que "les cours de mercredi, instaurés par le gouvernement, et la question des indemnités de logement sont des questions essentielles, et ces questions peuvent permettre à l’enseignant de donner la pleine mesure de ses capacités".

Le porte-parole de l‘ISEPPCI a estimé que l’enseignant gréviste, "s’il doit achever le programme, on doit lui reverser son salaire retenu", ajoutant que "si le gouvernement le souhaite, on termine nos programmes, mais avec en échange nos ponctions".

"Si le gouvernement créé de meilleures conditions pour les travailleurs, nous allons applaudir", a-t-il poursuivi, indiquant avoir "appris avec satisfaction que les comptes des enseignants grévistes ont été dégelés".

Le fonctionnaire Jean-Yves Abonga, intervenant, a appelé les autorités ivoiriennes à "créer un cadre permanent de discussion pour résoudre toutes les préoccupations, recommandant la mise en place de ce cadre dans tous les ministères techniques et dans le système éducatif pour adresser toutes les revendications".

M. Abonga, énumérant quelques difficultés dans l’approche de solutions, a déclaré qu'"il faut éviter d’entraver la liberté syndicale en Côte d'Ivoire, (car) c’est un droit constitutionnel". Par conséquent, "l’Etat devrait accepter le respect de la liberté syndicale".

"Le fait de geler les comptes, c’est un indice inquiétant de bonne gouvernance", a-t-il relevé, demandant à l’Etat ivoirien de "lever toutes les sanctions prises à l’encontre des syndicalistes et les dommages collatéraux".

M. Abonga a proposé "la mise en place d’un un forum social où il va être mis sur la table toutes les revendications des fonctionnaires pour débattre sur ce qui peut se faire à court, moyen et longs terme".

La Coalition des syndicats du secteur éducatif et formation de Côte d'Ivoire (COSEFCI), dirigé par Pacôme Attaby, elle, continue toujours son mot d’ordre de grève. Dans les écoles primaires, les cours sont effectifs, cependant les cours restent mitigés dans le secondaire.