Côte d’Ivoire: Amede Kouakou en flagrant délit de mauvaise foi

Amede Kouakou tente de falsifier l'histoire
Par NELSON ZIMIN
Publié le 02 avril 2019 à 11:49 | mis à jour le 02 avril 2019 à 11:49

Le ministre Amede Kouakou a du mal à remplir sa part de mission que lui a assignée le RHDP dans sa démarche de débauchage des militants du PDCI. Depuis la création du RHDP unifié, d’anciens cadres du PDCI RDA se sentent obligés de donner dans le mensonge pour convaincre l’électorat de leur parti. C’est à cet exercice presque ridicule que le ministre Amede Kouakou s’est adonné il y’a quelques jours, à Dimbokro, face à la notabilité Baoulé.

Amede Kouakou, équilibriste malgré lui

L’échec de sa rencontre avec les chefs boulés de Yamoussoukro, il y’a quelques semaines, n’a pas beaucoup inspiré Amédé Kouakou dans la suite de sa mission. Foncièrement tribaliste, l’envoyé de Ouattara a traité le PDCI RDA de parti des Baoulés. «Le PDCI est resté aujourd’hui entre les mains des seuls Baoulé. Au Nord, il n’y a plus de militants du PDCI ». Il s’est fait recadrer sur ce coup par un notable dans l’assemblé qui lui a reproché de s’exprimer en langue baoulé. Le ministre et chantre du RHDP unifié a continué de verser dans la calomnie et le mensonge.

Pour justifier l’absence des cadres Baoulés qui ont l’habitude de s’entretenir avec les chefs, Amédé Kouakou a vite botté en touche en accusant le président Henri Konan Bédié du PDCI RDA. « on nous demande de nous associer au FPI qui a commis des crimes. Ceci n’est pas possible », a-t-il justifié. Cette allusion faite à une alliance « contre nature » fait référence à la force d’opposition que le Président Bédié essaie de mettre en place et pour laquelle il s’est associé à Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, selon la justice ivoirienne, qui est en minorité dans l’aile principale du parti dirigé par Laurent GBAGBO.

Mauvaise foi ou compromission historique ?

Dans l’évocation de cette « alliance contre nature » avec le FPI, le ministre Amédé Kouakou fait clairement abstraction de la participation de Guillaume Soro, en tant que frondeur du président Ouattara. Si le FPI a commis des crimes, qu’ont faits le RDR et le MPCI qui ont conjointement dirigé la guerre et la rébellion en Côte d’Ivoire. L’honnêteté aurait recommandé que le ministre Amédé Kouakou fasse référence au refus du président Alassane Ouattara de céder le pouvoir au PDCI RDA en 2020, conformément à l’alliance politique fondatrice du RHDP version 2005 à Paris. C’est à cause du refus d’alternance au sein du RHDP, dans la gestion de l’État, que le PDCI a claqué la porte de l’alliance et perdu par voie de conséquences, tous les privilèges s’y attachant.

Amédé Kouakou aurait dû dire aux chefs traditionnels Baoulés que lui et de nombreux cadres du PDCI ont fait le choix de leurs avantages et privilèges, ce qui explique leur présence au RHDP unifié. Autrement, Laurent Gbagbo avait, il y’a quelque mois, décliné l’offre de création de la plate forme de l'opposition faite par Henri Konan Bédié, en demandant à ses soutiens de ne s’allier qu’à des partis de gauche. Chose que le PDCI n’est pas encore, pour le moment.


Nelson Zimi




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