Côte d'Ivoire : FPI, Justin Koné Katinan en position pour 2020 ?

Koné Katinan, candidat du FPI en 2020 ?
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 12 avril 2019 à 19:16 | mis à jour le 12 avril 2019 à 19:18

L'élection présidentielle de 2020 réserve beaucoup de surprises, tant au niveau des éventuels candidats, qu'au niveau de celui qui pourrait remporter le suffrage des Ivoirien. Justin Koné Katinan, porte-parole de Laurent Gbagbo, pourrait crever l'écran à ce scrutin.

Au milieu des ténors du FPI, Koné Katinan se fraie le chemin

Le Front populaire ivoirien (FPI) a d'ores et déjà annoncé sa candidature pour la prochaine élection présidentielle en Côte d'Ivoire. Mais sur quel candidat ce parti d'opposition entend-il aller à la reconquête du pouvoir d'État perdu à la suite de la crise postélectorale de 2010-2011 ? Cette interrogation est d'autant plus opportune que ce parti se trouve véritablement à la croisée des chemins.

Après l'arrestation de Laurent Gbagbo et son transfèrement à la Cour pénale internationale (CPI), Pascal Affi N'Guessan a tenu les rênes du parti. Mais ses relations se sont vite effritées avec ses camarades de parti, car ces derniers lui reprochaient de flirter avec le pouvoir d'Alassane Ouattara. La candidature du Lion du Moronou à la présidentielle de 2015, contre l'avis d'autres cadres du FPI, a renforcé cet état de disgrâce. Le rendez-vous manqué entre Laurent Gbagbo et Affi N'Guessan, en mars dernier, est donc la preuve très éloquente du désaveu public du fondateur du parti à la rose à son ancien Premier ministre.

L'on s'interroge cependant sur quel cheval entend miser le FPI pour la présidentielle 2020 ?

La libération de Laurent Gbagbo, fut-elle sous conditions, a par conséquent ravivé l'espoir des frontistes de voir à nouveau leur champion aux affaires. Mais les choses ne sont pour autant pas aisées, comme on pourrait le faire croire. Laurent Gbagbo est toujours en procès à la CPI, attendant l'issue de l'appel que le bureau du procureur entend interjeter. Son retour en Côte d'Ivoire en temps utile pour prendre part à ce scrutin relève d'une probabilité très incertaine. Il pourrait par ailleurs subir le syndrome de Jean-Pierre Bemba, dont la candidature a purement et simplement été rejetée à l'élection présidentielle congolaise de décembre 2018.

Simone Gbagbo, par ailleurs figure de proue du FPI, jouit également d'une bonne popularité au sein du parti. Depuis sa mise en liberté, à la suite d'une ordonnance d'amnistie prise par le Président Ouattara, l'ancienne première dame s'est forgé une carrure de présidentiable. Les centaines de visites à son domicile après sa libération, ses discours bien huilés, sa ligne politique basée sur la paix et la réconciliation et bien d'autres indices ont fini par faire d'elle une potentielle candidate pour son parti. Mais le seul bémol, c'est son éloignement de la gestion de son parti orchestré par certains barons du FPI.

Justin Koné Katinan, le dernier rempart du FPI ?

Qui donc pourrait être l'homme providentiel des frontistes pour aller titiller le RHDP unifié qui semble indéboulonnable ?

De tous les jeunes cadres qui sont restés fidèles à Laurent Gbagbo malgré son éloignement du pays, l'un se dégage particulièrement. Il s'agit de Justin Koné Katinan. Ressortissant du Nord ivoirien, l'ancien ministre du Budget a su montrer sa loyauté à l'ancien président ivoirien, qui a fait de lui son porte-parole. Le natif d'Arikokaha est resté constant dans sa position, et il n'a osé trahir son mentor, malgré les fortes pressions qu'il subissait en exil au Ghana.

Jeune (53 ans), expérimenté et dynamique, Katinan a, à travers plusieurs publications, donné sa vision de la Côte d'Ivoire de demain. Autant dire ses ambitions pour la Côte d'Ivoire. Président des Ivoiriens exilés au Ghana, l'ancien DG du cadastre a su maintenir la flamme du parti et le combat politique de Gbagbo chez les militants. Ce qui lui vaut la sympathie d'une bonne frange de militants.

Poursuivi pour "braquage de la BCEAO" et menacé à maintes reprises d'extradition vers la Côte d'Ivoire, ce jeune cadre a su faire monter sa côte de popularité auprès des pro-Gbagbo. Il ne serait donc pas superfétatoire d'évoquer son nom parmi les candidats potentiels. A condition que les personnalités ci-dessus mentionnées ne sont pas dans la course. Car, le revers de la médaille serait pour lui de vouloir s'affranchir de la tutelle de Laurent Gbagbo pour se frayer son propre chemin. Il pourrait, en pareille occurrence, se mettre à dos les "Gbagbo ou rien".



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