Condamné au Burkina : Kémi Séba, "les juges savent que j'ai raison"

Kemi Seba condamné par la justice burkinabè
Par K. Richard Kouassi
Publié le 27 décembre 2019 à 13:01 | mis à jour le 27 décembre 2019 à 13:08

Jugé au Burkina Faso pour "outrage" à Roch Christian Kaboré, Kémi Séba a été condamné à deux mois de prison avec sursis. La décision de justice a été rendue le jeudi 26 décembre 2019 à la suite d'une audience en "comparution immédiate". Le fondateur du mouvement Urgences panafricanistes, loin de paraitre abattu par la sentence, affirme plutôt que les juges savent qu'il a raison.

Kémi Séba condamné par la justice burkinabè

Lors d'une conférence de presse qu'il animait à, l'université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, au Burkina Faso, le samedi 21 décembre 2019, Kémi Séba a tenu des propos virulents à l'encontre de Marc Christian Roch Kaboré. "Roch manque de courage pour défendre son peuple. Même Blaise Compaoré qui est l’un des plus grands traitres de l’Afrique défendait mieux son peuple que Roch. Il est « téléguidé » par le président français, Emmanuel Macron, quelqu’un qui a l’âge de son fils", avait lancé le Franco-Béninois.

Il est allé plus loin en menaçant de "châtier" le président burkinabè si celui-ci ne prend pas ses responsabilités devant le terrorisme qui frappe le pays des hommes intègres.

Suite à cette sortie de Stellio (Stélio) Gilles Robert Capo Chichi (son nom à l'état-civil), Kémi Séba est tombé dans le viseur des autorités burkinabè. Il a été interpelé à son hôtel puis gardé à vue. Ce farouche détracteur du franc CFA était accusé d' "outrage" au chef de l'État du Burkina Faso. Le chef de file d’Urgences panafricanistes, un mouvement citoyen, géopolitique et traditionaliste africain, a été jugé le jeudi 26 décembre 2019.

À la fin du procès, Kémi Séba a été condamné par le tribunal de grande instance de Ouagadougou à "deux mois de prison avec sursis" pour "outrage" au président burkinabè. Le mis en cause devrait aussi payer une amende de 200 000 francs CFA. "On m’a condamné à deux mois avec sursis qui sont en réalité deux mois symboliques parce que même les juges savent que j’ai raison", a laissé entendre Kémi Séba une fois le verdict rendu.

Il a aussi fait savoir que personne ne pourra l'empêcher de dire ce qu'il pense. "Et il faut qu’ils comprennent que la prison, c’est la quatrième fois qu’on m’y envoie et à chaque fois j’en ressors plus fort", a-t-il lâché.


Ce n'est pas la première fois que Kémi Séba a maille à partir avec des autorités africaines. Il a déjà été expulsé de la Côte d'Ivoire, du Sénégal ou encore de la Guinée.