Duékoué: Un dealer abandonne son colis pour échapper à la police

Corridor de Duékoué: un dealer échappe à la police anti-drogue
Par Eugène SAHI
Publié le 15 février 2021 à 13:21 | mis à jour le 15 février 2021 à 13:21

A Duékoué, ville située à l’Ouest de la Côte d'Ivoire, à près de 600 km d’Abidjan, la cellule anti-drogue de la Police locale a saisi samedi dans un car, une importante quantité de cannabis, précisement au corridor nord placé à l’entrée du village de Guitrozon.

Corridor de Duékoué: Un dealer échappe à la police anti-drogue, un lot de cannabis saisi

Le samedi 13 février 2021, un coup de filet des hommes du Lieutenant Assémien Célestin de la Police anti-drogue, de la directrion des stupéfiants, à cheval entre les régions de Guemon et Cavally, a permis la saisie de 6 plaquettes de cannabis et un lot de 11 cartons de médicaments transportés transportés dans des conditions irrégulières dans un car de transport en commun.

Il est presque 16 heures quand un car de la compagnie Maindeba Transport (MT) se signale au corridor de Guitrozon, à la sortie nord de la ville de Duékoué. Le véhiciule, tout naturellement, se soumet au contrôle de routine qu’effectuent avec célérité les forces de l’ordre en faction sur le barrage.

Un agent de police en charge des stupéfiants fait son entrée dans le car. Un colis peu particulier attire son regard et s’en approche pour identifier le propriétaire de ce sachet noir anodin, mais presentant un caractère suspect pour le policier habitué aux pratiques subversives des dealers de la region.

A la question de savoir à qui appartient le colis, nul ne répond. Le policier se charge alors de dévoiler le contenu du sachet et en ressort au moins 6 paquets bien emballés au scotch.

Mais il est trop tard pour arrêter le propriétaire. Le passager non officiel qui squatait les marches du véhicule, a déjà pris la poudre d’escampete au moment où l’agent commençait à avoir un regard plus fouineur sur le contenu de son sachet.

Le car est alors deplacé sur un terrain de sport près du corridor pour y faire l’objet d’une fouille minustieuse par les forces de l’ordre. Si aucune autre quantité de drogue n’a été saisie, elle a permis de desceller plusieurs cartons de médicaments logés dans l’un des coffres du véhicule, au terme de longues et fastidieuses investigations.

Alerté par la saisie de ces bagages illicites, le lieutenant Assemien arrive sur les lieux, trente minutes plus tard, en compagnie de la gendarmérie, pour le constat d’usage.

“Nous sommes venus constater et rendre compte à notre hiérachie. On va interroger le chauffeur et le convoyeur du car dans le cadre d’une enquête ouverte pour appréhender le proprietaire du colis (drogue)”, a confié l’officier.

Il faut saluer la determination de nos agents qui par des méthodes dynamiques, arrivent à réussir ce genres de coups. Je les félicite”, a indiqué Lt Assemien. La dernière saisie de ce genre, remonte à un mois, où 16 plaquettes de cannabis avaient été saisies dans un car de la compagnie UTB, selon le leutenant de police.

Duékoué et le « Grand Ouest » ivoirien lacérés par des crises repétées

La mi-janvier 2021, un dangereux gang avait été mis hors d’état de nuire par la gendarmerie locale. Spécialisés dans les attaques ciblées, braquages et vols à mains armés, 4 malfrats avaient été interpellés par la brigade de Gendarmerie de Duékoué. Ces individus opéraient depuis plusieurs années dans les régions du Guémon, du Cavally et du Tonkpi.


Le nom de Duékoué est tragiquement devenu synonyme des violences les plus meurtrières de la crise post-électorale qu’a traversée la Côte d’Ivoire du 28 novembre 2010 à avril-mai 2011, laquelle crise fut aussi la plus grave de l’histoire récente du pays. Duékoué est une ville carrefour de la région du Moyen-Cavally, ouverte sur le Liberia et la Guinée.

Comme tout l’Ouest ivoirien, eldorado du cacao et d’autres matières premières, la ville a été en proie à des tensions et à des conflits militaires et intercommunautaires endémiques depuis la rébellion du 19 septembre 2002 qui divisa le pays en une zone sud dite « loyaliste » et une zone nord dite « rebelle » puis « Forces nouvelles (FN) ».

Dans le « Grand Ouest » ivoirien lacéré par la crise, avec un versant sud dont fait partie Duékoué et un versant nord ayant Man pour capitale, une dynamique antagoniste a produit un patchwork de protagonistes alliés et rivaux. À des degrés et des échelles divers, ces acteurs ont tous contribué à fragiliser, voire à déchirer le tissu social et les équilibres sociétaux.






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