Présidentielle: Candidat face à Gon, Urbain Amoa forcé à la démission

Sale temps pour Urbain Amoa, contraint à l’exil par le régime Ouattara depuis janvier 2020
Par David Yala
Publié le 02 juin 2020 à 16:30 | mis à jour le 02 juin 2020 à 16:30

Urbain Amoa est actuellement au creux de la vague. Le recteur de l’Université Charles-louis de... Montesquieu, Abidjan (UCLM), vient de se voir dessaisir la gestion de ce temple du savoir au point où l'homme a lui-même démissionné.

Sale temps pour Urbain Amoa, contraint à l’exil par le régime Ouattara depuis janvier 2020

«A présent, je comprends que je ne peux pas, sous le régime de SEM Alassane Ouattara, rentrer en Côte d'Ivoire après m'être fait soigner, depuis janvier 2020 au Ghana, sans risque d'être emprisonné ou empoisonné, tout simplement parce que j'ai déclaré ma candidature (Candidat des "Sans Milliards et des Pauvres ") à la présidentielle de 2020 », déclarait en mai dernier Urbain Amoa dans une lettre adressée à la communauté internationale.

Depuis quelques temps, le recteur de l’Université Charles-louis de... Montesquieu éprouve d’énormes soucis, surtout depuis qu’il a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle prochaine. En octobre 2019, il avait déjà alerté l’opinion sur une tentative de fermeture de son université par ‘’la Direction des Impôts sur instructions des instances du Premier Ministre’’. « Je suis donc bel et bien candidat à la présidentielle de 2020 et mon Université reconnue par l'Etat autant que ses diplômes ne doit pas servir de champ de bataille », avait-il lancé à ceux qui veulent l’anéantir.

Mais les dernières évolutions de l’actualité ont fini par contraindre l’universitaire à jeter l’éponge. Dans une note adressée au secrétaire général de l’Université Charles-louis de... Montesquieu, Urbain Amoa a présenté sa démission de son poste de recteur. Cette démission inattendue du fondateur de ladite Université fait suite à la mise en cession de ses parts sociales à des tiers.

« J’ai l’honneur de vous informer que je suis conduis à céder sans délai toutes mes parts de capital (UCLM, Université classique/ UCLM Grande école) hormis ma propriété intellectuelle et la Cité des Reines et des Rois sise à N’douci, à des tiers (Dame Koffi N’Guessan Marie-Bernadette et enfants, personnel administratif, enseignants, consultants-formateurs, anciens étudiants, créanciers, autres…). Cette cession se fera conformément aux procédures applicables en pareille circonstance pour l’ensemble de mes parts de fondateur », écrit-il dans une autre lettre.

Selon une source proche de l’UCLM, depuis février 2020, Urbain Amoa n’y a plus de signature valable des points de vue administratif, financier et académique. Seule la nouvelle équipe dirigeante a la main mise sur tout. Les aspects administratif et financier de l’institution étant désormais entre les mains de Dame Koffi N’Guessan Marie-Bernadette, et la gestion académique, déléguée au Sieur Siamou Kouakou.


Mais comment en sommes-nous arrivés là? La démission du professeur Urbain Amoa est-elle un simple fait administratif au niveau purement de son (ex) université ou a-t-elle un lien avec les faits antérieurs relatifs à sa candidature à l’élection présidentielle? « Ils (le pouvoir en place) veulent le contraindre à abandonner son projet de candidature », répond un proche de l’universitaire. Si cela est avéré, ce serait bien dommage pour un pays qui aspire être un Etat de droit.