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En lieu et place d’une élection présidentielle inclusive, le PPA-CI, le PDCI-RDA et Cap-Côte d’Ivoire œuvrent pour l’instauration d’un gouvernement de transition à la fin octobre 2025, un piège que le RHDP du Président Alassane Ouattara voit venir. Ces formations politiques déploient peu à peu leur stratégie afin de contraindre le pouvoir à organiser une élection hors délai et bien plus inclusive que prévu.
Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam pour un gouvernement de transition ?
Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro sont exclus du processus électoral en cours en Côte d’Ivoire. Leurs noms ont été retirés de la liste électorale, au contraire de Tidjane Thiam du PDCI-RDA. Pour certains, la stratégie du parti au pouvoir consisterait à écarter Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro comme une balle d’essai pour jauger les réactions. Puisque rien ne semble s’être passé après le retrait des trois leaders de l’opposition de la liste électorale provisoire, cap aurait été mis sur le cas Tidjane Thiam.
Le président du PDCI-RDA a en effet vu l’administration ivoirienne geler toute délivrance de son certificat de nationalité. Alors qu’il vient de se libérer de sa nationalité française et qu’il est désormais exclusivement ivoirien, l’ordonnance prise le 10 avril 2025 contre lui a filtré dans la presse et sur les réseaux sociaux. Elle indique la tendance de son empêchement à venir pour la prochaine élection présidentielle.
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Entre une Commission Électorale Indépendante (CEI) dite « biaisée » et ces différents empêchements, les opposants ne pouvaient que s’unir contre le pouvoir. Si tout semblait indiquer qu’on avance en Côte d’Ivoire vers un remake de 2020 avec une absence de l’opposition significative du scrutin électoral, celle-ci travaille en réalité pour contrarier un tel plan. Pour éviter ce qu’il considère comme une énième tentative de passage en force du pouvoir d’Abidjan, avec une caporalisation de la CEI, le PPA-CI s’est retiré de cette instance. Comme une action concertée, le PDCI-RDA et la coalition de 25 partis politiques Cap-Côte d’Ivoire se sont, eux aussi, retirés de la CEI le jour même.
Présidentielle 2025 : l’opposition ivoirienne joue la carte du blocage
Forcément, les regards se braquent vers la Côte d’Ivoire et tout indique que les récents voyages en Europe de Laurent Gbagbo et de Tidjane Thiam, qui a même manqué le dernier bureau politique du PDCI-RDA, ne sont pas si anodins qu’ils paressent. Une stratégie pour provoquer une crise pré-électorale semble en place pour contraindre Alassane Ouattara et le RHDP à faire droit à leurs revendications.
Et cette fois, au contraire de 2020, l’opposition ivoirienne pourrait bénéficier d’un soutien plus actif de la France, acteur important, bien qu’invisible, dans ce processus. L’idée derrière ces claquements de porte de la CEI semble être le blocage du processus électoral à l’approche de la fin du mandat du Président Ouattara. Dans ce cas, l’opinion internationale serait favorable à la mise en place d’un gouvernement de transition devant préparer une élection inclusive. Selon nos informations, c’est le lobbying engagé par les leaders de l’opposition ivoirienne en Europe afin de rallier les différents groupes de pression à leur position.
Pour ce faire, les Nations Unies, l’Union européenne et le National Democratic Institute ont été saisis par l’opposition afin d’entamer la mise sous pression du Président Alassane Ouattara.
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Du côté du RHDP, on se demande comment va manœuvrer le Président Alassane Ouattara pour se sortir de ce piège, qui semble peu à peu se refermer sur lui. La décision d’incompétence du tribunal de première instance d’Abidjan dans l’affaire « Yapo Valérie contre Tidjane Thiam » semblait avoir pour objectif de donner du répit au pouvoir. Ainsi, les stratèges du parti au pouvoir pensaient éviter l’union de l’opposition dans les actions de retrait de la CEI annoncées officiellement le 11 avril. Visiblement, le plan n’a pas fonctionné, sûrement à cause de l’ordonnance 1728 du 10 avril 2025 du Ministère de la Justice suspendant la délivrance du certificat de nationalité à Tidjane Thiam, qui a confirmé les craintes du PDCI-RDA.
Pendant ce temps, le Président Alassane Ouattara n’a toujours pas prononcé d’intention de candidature à cette élection à venir, bien qu’il n’y aurait aucun doute pour les militants et cadres du RHDP. La Côte d’Ivoire glisse peu à peu vers une crise politique qui pourrait être évitée par une nouvelle révision de la liste électorale réclamée par l’opposition et une inclusion des différents acteurs politique dans le processus électoral.
