Côte d’Ivoire: Les femmes du PDCI dénoncent des "manœuvres" du gouvernement

Sita Coulibaly, Présidente de l'UF PDCI
Par Emma A.
Publié le 04 janvier 2019 à 15:37 | mis à jour le 04 janvier 2019 à 15:37

L’Union de des femmes du parti démocratique de Côte d’Ivoire (UF PDCI) a dénoncé vendredi à Abidjan, des "manœuvres orchestrées" par le gouvernement, après que le ministre de l’Intérieur Sidiki Diakité a mis 5 communes dont le Plateau sous administration préfectorale, dans une déclaration lue par la présidente Sita Coulibaly.

Les femmes du PDCI accusent le gouvernement d’"abus de pouvoir"

"Nous dénonçons avec vigueur toutes les manœuvres orchestrées par le ministère de l’Intérieur et de la sécurité avec un abus de pouvoir", a dit Mme Coulibaly.

Mardi, le gouvernement, arguant l’expiration au 31 décembre des mandats des anciens conseils en place dans cinq communes du pays dont Plateau et Port-Bouët, a décidé de mettre ces municipalités sous administration préfectorale appelée "délégation spéciale".

Le préfet du département d’Abidjan, Vincent Toh Bi a été investi mercredi maire par intérim au Plateau et à Port-Bouët pour "assurer la continuité du service public" en attendant que les situations de ces communes "rentrent dans l’ordre".

Selon elle, "le cas du Plateau ne figure pas dans l’hypothèse de la délégation spéciale", car "la liste qui a été déclarée vainqueur (à l’issue des élections) est celle du PDCI conduite par Jacques Ehouo".

"Nous prenons la communauté internationale à témoins et encourageons le conseil des avocats du maire à user de tous les supports juridiques pour que force soit donnée à la loi et que le maire élu a plus de 60% des suffrages soit installé", a dit Mme Coulibaly.

Le 13 décembre, l’installation du nouveau maire élu du Plateau n’avait pas eu lieu et avait été reportée "à une date ultérieure".

Les avocats de M. Ehouo juge cette mesure de "ni légale, ni opportune", évoquant "un vide juridique orchestré" à dessein par le gouvernement.

En ce qui concerne Port-Bouët, à l’issue des élections partielles du 16 décembre, le candidat du PDCI, Sylvestre Emmou (62,65%) avait battu le ministre du Tourisme Siandou Fofana (33,61%) dans le duel RHDP-PDCI, deux anciens alliés devenus adversaires.


Le ministre-candidat qui avait dans un premier temps reconnu sa défaite, a ensuite et contre toute attente, déposé un recours à la Cour suprême. Dans l’attente de la décision, l’installation officielle du nouveau maire élu avait été repoussée à une date ultérieure.

Les femmes du PDCI demandent "que le recours soit examiné (…) afin que le maire Sylvestre Emmou soit rétabli dans sa victoire acquise à plus de 62% des suffrages exprimés par les population".

Par ailleurs, la présidente de l’UFPDCI a annoncé une tournée de sensibilisation des femmes du PDCI dans les13 communes d’Abidjan les 27 et 28 janvier, car "préoccupées par la situation socio-politique" dans le pays.