Côte d'Ivoire: La tonitruante histoire des Premiers ministres ivoiriens (Acte 2)

Cas de Daniel Kablan Duncan

Alassane Ouattara et Daniel Kablan Duncan, deux anciens Premiers ministres ivoiriens
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 28 juillet 2020 à 09:30 | mis à jour le 28 juillet 2020 à 12:12

L'acte 2 de l'histoire des Premiers ministres ivoiriens fait un focus sur Daniel Kablan Duncan, la seconde personnalité ivoirienne nommée Premier ministre en Côte d'Ivoire à la suite d'Alassane Ouattara. Après avoir été, à deux reprises, chef du Gouvernement sous deux gouvernances distinctes, le Député de Grand-Bassam au profil de technocrate pourrait également avoir des ambitions présidentielles.

Histoire des Premiers ministres : Cas de Daniel Kablan Duncan

Dès son accession à la magistrature suprême en tant qu'intérimaire de feu le Président Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié a nommé Daniel Kablan Duncan en qualité de Premier ministre, le 11 décembre 1993. Ancien fonctionnaire du Fonds monétaire international (FMI), puis de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), DKD a en effet été ministre des Finances et ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de l’Économie, des Finances, du Budget, du Plan, du Commerce et de l’Industrie dans divers gouvernements Ouattara jusqu'au décès du premier président ivoirien.

Chef de gouvernement, ce technocrate qui a fait ses classes dans les institutions financières internationales, a été le maître artificier des dix (10) chantiers de l'Éléphant d'Afrique lancés par le Président Bédié. Après avoir achevé le mandat d'Houphouët-Boigny, Bédié a été quasiment plébiscité lors de l'élection présidentielle de 1995 face au candidat du Parti ivoirien des travailleurs (PIT), Francis Wodié. Duncan est donc reconduit Premier ministre. Poste qu'il conservera jusqu'au coup d'État du général Robert Guéï en décembre 1999.

Tombé quelque peu dans l'anonymat pendant une décennie, Daniel Kablan Duncan ne devait désormais sa renommée qu'au carrefour qui jouxte sa résidence de Cocody-Deux Plateaux baptisé carrefour Duncan. Jusqu'à ce qu'Alassane Ouattara, un ami de longue date, soit élu President de la République lors de la Présidentielle de 2010. Membre du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), l'ancien Directeur central du patrimoine et de l’informatique de la BCEAO sera nommé Ministre des Affaires étrangères dans le Gouvernement de Guillaume Soro. Poste qu'il conservera avec le nouveau Premier ministre, Jeannot Kouadio-Ahoussou.

Le 21 novembre 2012, le Président Ouattara nomme à nouveau Daniel Kablan Duncan au poste de Premier ministre, chef du Gouvernement. Mais à la faveur de la Constitution de la 3e République, il démissionnera de la Primature, avant d'atterrir au tout nouveau poste de Vice-Président de la République de Côte d'Ivoire. Poste honorifique, mais d'où il était de moins en moins sous le feu des projecteurs. N'empêche que le transfuge du PDCI ne cessait de marteler qu'il est "RHDP des pieds à la tête" pour couper court à toutes les rumeurs qui fusaient à son sujet. Avec le lancement de son mouvement PDCI-Renaissance, le 24 décembre 2018, pour rassembler autour de ses idéaux, tous ses compagnons du PDCI qui lui ont emboîté le pas en adhérant au RHDP unifié.

Mais contre toute attente, Duncan démissionne également de son poste de Vice-Président au lendemain du décès du Premier ministre et candidat désigné du parti présidentiel, Amadou Gon Coulibaly. Sa déclaration post-démission laisse entrevoir certaines velléités qu'il garde pour l'instant secrètes. Sa démission a d’ailleurs fait lancer un long soupir à Patrict Achi, Secrétaire général de la Présidence de la République.


Cette histoire des Premiers ministres ivoiriens aura son acte 3 avec feu Seydou Elimane Diarra, le Premier ministre de la Junte militaire et du gouvernement issu des accords de Linas Marcoussis.